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Pour ce spectacle, notre répertoire puisera dans les traités des grands maîtres italiens du XV° siècle : Domenico da Piacenza, Guglielmo Ebreo, Antonio Cornazano. On s'extrait du cercle magique du monde médiéval, "la Manfredina et sa Rotta", création d'après ces musiques de la fin du XIV° siècle, pour pénétrer les lignes droites des lois de la raison, les courbes qui sous-tendent les passions, passant de la verticalité à l'horizontalité qui peut troubler l'âme. Danses pour "dames très dignes" de la naissante aristocratie italienne du Quattrocento, ces danses vivront l'espace de plusieurs générations. Lentes ou vives, très intériorisées ou provocantes, ces évolutions brassent le large champ des émotions et des ressources des hommes. La Bassa Danza, lente, solennelle et abstraite, s'identifie à la noblesse. Les Balli évoquent le dialogue amoureux, un simple jeu enfantin ou une pantomime apparentée à la commedia dell'arte. Le cantus, présent sur les manuscrits qui les décrivent, souligne l'évolution et accompagne les Balli. Pour les Basse Danze, le musicien, sur la base d'un ténor pré-choisi, improvise le phrasé et les cadences du seigneur qui danse. Accompagnés par les flûtes, galoubets, violes et harpes des musiciens, les danseurs se rencontrent à travers la discrète "magnificentia" des jeunes cours italiennes. Ni trop, ni trop peu, née d'une société qui se place désormais au centre universel, la danse se veut non plus spectatrice mais faiseuse du monde.
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